L'infidélité en France

Les enquêtes, sondages et études se multiplient sur l'infidélité en France mais il est parfois bien difficile de faire la part des choses tant les chiffres et pourcentages sont différents ou contradictoires. Voici notre analyse.

L'adultère dans l'histoire

L'infidélité ou l'adultère est un fait social très ancien. Tellement ancien qu'il est même explicitement mentionné au sein des fameux 10 commandements: "Tu ne commettras pas d'adultère" ! De quoi battre sérieusement en brèche la théorie qui veut que les relations extraconjugales soient le fait d'une simple tendance, d'une mode en quelque sorte. Bien sur il n'en est rien ! Et à toutes les époques, l'Homme, avec un grand H, a semblé éprouver toutes les peines du monde à se montrer inflexible dans son engagement sentimental. En guise d'exemples on pourra citer les opéras de Mozart Cosi Fan Tute (1790) et bien sur Don Giovanni (1787) mais aussi les écrits de Pierre Choderlos de Laclos avec Les Liaisons Dangereuses en 1782 ou ceux de Flaubert avec Madame Bovary en 1856, sans oublier le roman de Raymond Radiguet - Le diable au corps qui fit scandale en 1923... Les films sont également nombreux à traiter du sujet que cela soit de manière centrale ou accessoire - On citera rapidement: La Femme du boulanger de Marcel Pagnol (1938), La leçon de Piano de Jane Campion (1993), Sur la route de Madison de Clint Eastwood (1995) et plus récemment Closer, entre adultes consentants de Mike Nichols (2004) ou encore Match Point de Woody Allen (2005) ...

Plus de relations extraconjugales aujourd'hui qu'hier

L'ultra-médiatisation des incartades des célébrités (Clinton, DSK, Hollande, Hugh Grant, Jude Law, Tiger Woods, Kristen Stewart ...) renforce le sentiment que les relations extraconjugales sont devenues monnaie courante. Mais est ce vrai ? L'infidélité se développe t'elle ? La question est relativement difficile à trancher avec précision car il faudrait disposer pour cela d'études fiables et d'estimations pointues sur l'évolution des comportements des hommes et des femmes sur plusieurs décennies. Ces données n'existent pas. Toutefois certains indices émergent: L'augmentation de la proportion des femmes au sein des travailleurs actifs favorisant ainsi les rapprochements et les contacts au travail, l'amélioration des moyens de communication avec la généralisation du téléphone mobile, l'explosion d'Internet et des réseaux sociaux... S'ajoutent à cela deux évolutions sociales majeures: D'une part la libération sexuelle des années 60-70 qui a permis à la société dans son ensemble d'assouplir ses valeurs morales et d'autre part le développement rapide et continu de la société de consommation qui a progressivement changé notre approche du monde en favorisant un accès immédiat aux choses, substituant ainsi le besoin à l'envie. Bref tout semble concorder pour favoriser les relations extraconjugales et les hommes et femmes sont probablement plus infidèles aujourd'hui qu'hier. Mais cette évolution n'est pas équivalente pour les deux sexes...

Les femmes sont de plus en plus infidèles ...

L'adultère semble donc être plus pratiqué de nos jours mais cette progression de l'infidélité au sein de la population ne semble pas répartie de manière homogène entre les hommes et les femmes. Si l'on en croit les données sur le sujet et plus spécifiquement celles de la General Social Survey (Une enquête annuelle sur le sujet menée depuis 1972 aux USA), les hommes sont bien les plus volages mais la différence entre les deux sexes tend à se combler et les femmes sont ainsi de plus en plus infidèles. Un sondage de TNS Sofres de 2008 confirmait d'ailleurs cette tendance en France. Un phénomène qui n'a rien d'étonnant si l'on considère l'évolution du statut des femmes au cours des dernières decennies: Plus de responsabilités, plus de pouvoirs, et de fait plus d'emprise sur leur environnement social.

Les hommes et femmes infidèles en France en chiffres

Chaque petite enquête sur le sujet défraie la chronique. Les médias relaient et mélangent à l'envi chiffres et données et le sondage du jour vient souvent effacer ou même contredire le précédent sans que cela n'émeuve outre-mesure les journalistes. Difficile donc de faire la part des choses sans y consacrer un peu de temps. C'est ce que nous avons fait en compulsant patiemment les études existantes sur la question... L’enquête «Contexte de la sexualité en France», publiée en 2006 nous est, à ce titre, apparue comme l'une des plus sérieuses - Elle est en effet basée sur un échantillon de plus de 12 000 personnes. Il ressort de cette dernière que 1,7% des femmes et 3,6% des hommes en couple déclarent avoir eu un autre partenaire que leur conjoint(e) au cours des douze derniers mois. Lors de la précédente enquête réalisée en 1992 auprès de 20.000 personnes les chiffres étaient un peu plus élevés avec respectivement 3% pour les femmes et 6% pour les hommes. Parmi les autres sources nous citerons la publication de Pamela Druckerman "L'art d'être infidèle" qui donne pour la France un taux d'infidélité de 3,8% chez les hommes mariés au cours des douze derniers mois ou encore les sondages TNS Sofres 2005 et 2008, Ipsos 2010 sans oublier bien sur la fameuse enquête Ifop 2014 qui fit tant de bruit en dénichant pas moins de 50% d'infidèles chez les hommes et 33% chez les femmes !
Voici quelques enseignements tirés de ce travail:

  • Les chiffres les plus parlants sont ceux qui sont corrélés à une durée. En effet de nombreuses enquêtes donnent des pourcentages pour les hommes ou femmes en se basant sur une question peu précise telle que "Avez vous déjà été infidèle ?". Les réponses sont donc très aléatoires suivant la définition propre à chaque individu de l'adultère (Pensée ou rêves, baiser, acte sexuel ?) et elles ne donnent pas d'indication quant à la fréquence du comportement. Ainsi un homme de 65 ans marié et fidèle depuis 30 ans peut avoir entretenu deux aventures simultanées dans ses années étudiantes ... Il répondra oui à la question sans pour autant avoir jamais trompé sa femme. Partant de ce constat nous privilégions les données ayant pour paramètres les "12 derniers mois" c'est à dire une année glissante. Cela permet de mieux estimer le nombre d'infidèles actifs en quelques sorte.
  • Certaines enquêtes ou sondages nous paraissent particulièrement fantaisistes. Il s'agit le plus souvent de sondages dont les critères sont faussés à la base. Pourquoi n'interroger que les membres d'un site de rencontres sur la question de l'infidélité ? Pourquoi également restreindre un échantillonnage à 300 ou 400 personnes ? Nous avons eu parfois le sentiment que le coup de pub était le principal but recherché dans la communication de chiffres tapageurs.
  • Le taux d'infidélité varie selon l'âge, la catégorie socio-professionnelle, la religion ou encore la localisation. Autant de paramètres qui viennent altérer par leur diversité et leur complexité la qualité des enquêtes menées sur la question.
  • Certains chiffres apparaissent en opposition. C'est notamment le cas sur le pourcentage d'infidèles chez les hommes et chez les femmes pour lequel on observe des variations significatives. C'est également notable sur l'évolution du nombre des relations extraconjugales qui apparait généralement en hausse, une importante étude mise à part.

Les chiffres publiés sur Infideles.net

Forts des éléments recueillis nous avons décidé de trier et croiser les informations afin de proposer nos propres chiffres, les plus détaillés et objectifs possibles. Nous sommes partis d'un scénario médian avec un taux d'adultère sur l'année glissante - C'est à dire dans les 12 derniers mois - variant de 0 à 15% selon l'âge (10 tranches de 5 ans entre 20 et 70 ans), le genre et la situation matrimoniale. La moyenne générale se situant autour de 4% en pondérant chaque tranche d'âge à égalité. Précisons qu'une plus forte pondération a été attribué aux personnes vivant en couple (et non mariées) sur les tranches d'âge 20-25 ans et 25-30 ans pour lequelles les relations sentimentales sont souvent courtes, hésitantes. Nous avons ensuite croisé ces éléments avec les données brutes de l'INSEE relatives à la population pour les 1000 plus grandes villes de France afin de déterminer le profil de chaque municipalité en prenant soin de distinguer parmi les "célibataires" ceux vivant en couple sans être mariés ni pascés, des autres, véritablement seuls. Enfin nous avons attribué une pondération indexée sur le nombre d'habitants - Le principe sous-jacent étant que plus la ville est importante plus les opportunités de liaisons adultères sont grandes et inversement. Il est en effet plus facile de faire des rencontres discrètes à Paris qu'à Fouesnant. Nous avons donc pu classer les villes selon le nombre estimé d'infidèles hommes ou femmes et selon le pourcentage effectif de la population. Nos résultats s'inscrivent clairement dans la fourchette basse des études mais ils nous semblent en prise avec la réalité. Si notre méthode peut paraitre discutable de part la subjectivité relative des pourcentages attribués (Toutefois extrapolés à partir d'études reconnues sur la question), elle est aussi novatrice dans le sens où elle ne repose pas sur des réponses de questionnaire mais essentiellement sur des données démographiques tangibles. A ce jour, en ayant comparé et vérifié de nombreuses données, nous estimons nos chiffres crédibles.

Références: Etudes, enquêtes et sondages

Voici quelques sites, articles ou sondages sur les relations extraconjugales en France:

D'autres stats sont également disponibles sur les Célibataires :

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